jeudi 25 août 2011

Pendant ce temps, à Kiev...

Pendant que Jack Layton meurt et que le Premier ministre Stephen Harper prend tellement de temps à réagir publiquement que même les médias chinois le prennent de vitesse, pendant que les accusations sont abandonnées contre DSK à New York, pendant que le colonel Kadhafi est désormais tout à fait isolé – et introuvable – en Lybie, eh bien à Kiev, Ioulia Tymochenko aimerait bien voir son médecin.

Emprisonnée le 5 août dernier pour son procès à la suite d'accusations d'avoir outrepassé les prérogatives de Première ministre lors de son règne, pour une histoire d'achat de gaz russe sans l'approbation du gouvernement, madame Tymochenko souffrirait d'étranges symptômes ne correspondant à aucune maladie connue. Inexplicablement, des bleus résultant de vaisseaux sanguin éclatés seraient apparus «sur tout son corps», selon Olexsandre Tourtchinov, député et bras droit de madame Tymochenko.


La cour a bien tenté de lui proposer un examen médical, mais l'ancienne chef du gouvernement a décliné l'offre, affirmant qu'elle refusait de mettre sa vie en les mains des médecins qu'on voulait lui imposer. L'Union européenne, entre autres, a demandé au pouvoir ukrainien et à son président, Viktor Ianoukovitch, d'intervenir pour qu'un examen médical par un parti neutre soit rendu possible.


Pourquoi tant de chichis et quels sont ces bleus?


Des députés ukrainiens soutiendraient que de la mort-aux-rats, poison utilisé en gestion parasitaire pour tuer les rongeurs, pourrait être à l'origine des problèmes qui affligent celle qu'on appelle souvent l'égérie de la Révolution orange, au début de la dernière décennie.


Revenons un peu en arrière. On se souvient de Victor Ioutchenko, qui est devenu président à la suite de cette révolution, et qui nomma Tymochenko au poste de Première ministre. Durant la campagne présidentielle, son visage se transforma du jour au lendemain, l'aspirant président passant d'un appréciable jeune homme à un hideux monstre gris (exagération?). On avait alors déterminé qu'il s'agissait d'un empoisonnement et de lourds soupçons pèsent depuis sur son rival de l'époque, l'actuel président Ianoukovitch.


L'information qui précède n'est pas suffisante pour accuser le clan russophile du président d'avoir systématiquement recours à l'empoisonnement pour vaincre ses adversaires. Toutefois, les bleus qui prolifèrent sur son corps et le souvenir du visage cramoisi de son comparse de naguère devraient inciter Ioulia Tymochenko à y penser deux fois avant de consommer la nourriture qu'on lui sert en prison.


Notons que les anciens partenaires de la Révolution orange sont désormais ennemis, ce qui place Tymochenko dans une position d'isolement et de vulnérabilité encore plus complète.


Vivement que l'Union européenne exerce des pressions convaincantes sur l'Ukraine pour que cesse cette mascarade. La motivation du procès en lui-même est déjà louche, et cette étrange maladie, puis l'interdiction par la cour que l'accusée consulte un médecin autre que celui de la prison, lui retirent encore de la crédibilité.


Peu importe le médecin qui examinera Tymochenko, les meilleurs d'entre eux ne viennent pas à bout de tout. Jack Layton nous l'a rappelé, mais tout de même, elle doit pouvoir choisir. Il existe par ailleurs des situations où on ne sait pas vraiment ce qui s'est produit, et où on ne risque pas de le savoir, un peu comme dans l'affaire DSK. Mais soyons sérieux. Kiev est une capitale aspirant à joindre l'Union européenne, où, comme c'est le cas ici en Amérique du Nord, un certain nombre de droits et de libertés doivent prévaloir sur les aspirations vindicatives d'un président tout puissant.


Pour le moment, on croirait davantage à un pays tribal du Maghreb...


Notes...
Ioulia Tymochenko : aucune sélection depuis 2002...
Victor Ioutchenko : 5 sélections de 2005 à 2010, 0 en 2011
Viktor Ianoukovitch : 1 sélection en 2005, 0 en 2011
Mouammar Kadhafi : 6 sélections de 2003 à 2010, 0 en 2011

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