mardi 29 novembre 2011

George Harrison (1943–2001)

Il y a dix ans s'éteignait George Harrison d'un cancer du poumon dit «carcinome non à petites cellules» métastatique. Du moins, c'est ce qu'indique son certificat de décès. Je me souviens d'avoir inscrit son nom sur le mur de ma chambre au marqueur permanent lorsque j'ai appris la nouvelle en pleine nuit.

On ne fera pas la biographie du légendaire guitariste, vous en trouverez un résumé rempli de liens pertinents sur Wikipédia. Le magazine Rolling Stone présente également les meilleurs moments musicaux de la carrière de Harrison. Bonne lecture.

Fidèle à ce que devrait être cette rubrique rétro, nous nous concentrerons plutôt sur une anecdote en lien avec sa mort. Car ceci est le blogue d'un pool de la mort.

L'évolution de la maladie qui a coûté la vie à George Harrison est un peu nébuleuse. On lui avait déjà diagnostiqué — puis apparemment guéri — un cancer de la gorge en 1997. C'est toutefois en mai 2001 que les rumeurs se sont activées. Il aurait d'abord été traité à la clinique Mayo pour un cancer du poumon, puis dans une clinique suisse pour une tumeur au cerveau.

En fait, il semble que c'était ce cancer du poumon qui s'était propagé au cerveau, et au moment où Harrison commença un nouveau traitement de radiothérapie en novembre 2001, le pronostic était très peu encourageant. C'est ici qu'intervint le docteur Gilbert Lederman, oncologue en charge de Harrison à l'hôpital universitaire de Staten Island, à New York, et grand manitou de ceux qui sont condamnés. Le monsieur promet des résultats dans ses belles brochures en couleurs, grâce à une technique révolutionnaire de traitement du cancer!

Entendons-nous : si on en était rendu à se rendre chez le chaman de la sorte, c'est que la fin était proche et inéluctable. Et on le savait dans le clan Harrison, ce qui explique qu'on se soit lancé dans cette aventure improbable.

À la mi-novembre de cette année, quelques deux semaines avant la mort de son célèbre patient, le docteur Lederman se rendit au domicile du musicien, qui louait une maison non loin de l'hôpital. Pour une raison connue de lui seul, le médecin était accompagné de son jeune fils, et celui-ci, de sa guitare. Il s'en servit alors pour jouer un air à la demande de son père, qui souhaitait ainsi souhaiter au revoir à Harrison, qui partait pour la Californie le lendemain matin.

Avant de partir, le docteur Lederman insista pour obtenir un autographe à même la guitare de son fils. Devant la protestation du malade, qui se demandait même s'il était toujours en mesure d'épeler son nom, il serait allé jusqu'à lui guider la main pour qu'il puisse laisser sa dernière signature sur l'instrument.

Après la mort de George Harrison, Lederman se présenta abondamment aux médias comme le seul médecin qu'acceptait de voir son patient, avec qui il était «comme un frère», disait-il. Ridicule affirmation si on considère que le médecin a été en présence de son patient au plus quelques heures, durant lesquelles ce dernier pataugeait en pleine confusion par moments, faute aux tumeurs et aux médicaments... Bref, le docteur avait éhontément transformé le malade en carte de visite.

Cette attitude de fanfaronnade sans respect aucun pour la mémoire de George Harrison ne plut pas du tout à sa succession. À la suite d'une poursuite de dix millions de dollars intentée contre le docteur Lederman par la veuve, la guitare fut remise à la famille — qui la détruisit — et le médecin s'engagea à ne plus jamais parler de son patient ou de ce cas en public.

Pour en savoir plus sur cet énergumène de docteur Lederman et sur sa méthode pour traiter le cancer, le New York Magazine en trace un fascinant portrait. L'article contient une photo du fils du fumiste avec la guitare frauduleuse en main.

Au final, tout ceci n'est pas très important. On se souvient de George et je passerai la journée à me taper de nouveau sa discographie avec grande joie.


Voici un peu de musique...

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